Chaque jour, notre chroniqueur ciné raconte son festival…

Woody Allen assure que son premier film «était si mauvais que, dans sept Etats des Etats-Unis, on l’utilise pour remplacer la peine de mort.» Personne n’a été soumis à la peine capitale par un film durant cette quinzaine. Au plus, a-t-on trouvé long, comme une journée sans boire, le Winter Sleep du cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan; et puis le Godard, aussi hermétique que d’habitude. Mais ce sont des «propositions de cinéma» (Godard, again) faites dans un festival qui reste au top, comme le plus exigeant artistiquement. Mais tout le monde ne partage pas mon avis.

Le philosophe Vincent Cespedes, invité à Cannes, vient de passer un séjour mortel. «L’ennui (cf dans les films vus ici) se reconnaît à la platitude émotionnelle qu’il suscite (…/…) Il rend le temps insupportablement vide. Zéro suspense, zéro jouissance à deviner, à devenir: rien qu’un enlisement dans le morne et le “ça finit quand?”»

On ne voit définitivement jamais tous le même film.