Devenu un visage public et bien connu des téléspectateurs depuis la série Dix pour cent dans laquelle il campe le jeune et intrépide Hervé, Nicolas Maury goûte à la notoriété, ses avantages comme ses inconvénients. Parmi eux, celui de devoir assumer sa sexualité dans une ville, Paris, où l’homophobie est hélas présente et frappe régulièrement. Dans une interview accordée à Têtu, il exprime son ressenti et se confie sur ce quotidien…

L’acteur explique par exemple vis-à-vis de ce climat d’homophobie qu’il a “tellement intégré cette peur que c’en est devenu un réflexe“. Pour lui, “c’est comme si on nous obligeait à porter un masque, à marcher autrement dans l’espace public“. Il cite quelques exemples concrets, notamment à l’époque de la diffusion de la saison 2 de Dix pour cent – la troisième est actuellement diffusée sur France 2. “J’ai connu plusieurs moments craignos dans la rue avec mon ex-amoureux. Une fois dans le métro, des mecs m’ont reconnu et ont commencé à crier : ‘Hé, c’est le pédé de Dix pour cent !‘”, raconte-t-il.

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Et s’il note une évolution des mentalités, ses craintes ne s’effacent pas et il ne sent pas plus libre qu’avant. “J’ai encore peur d’être frappé parce que je suis homosexuel“, glisse-t-il, expliquant qu’un jour, Marion Cotillard l’a contacté afin de lui exprimer son admiration et justement louer sa liberté de jeu à l’écran. “J’étais très touché. Mais ce qu’elle appelle ‘liberté’, pour moi, c’est m’exposer. Et ça me met en danger dans la vraie vie“, affirme-t-il.

Dans la rue comme dans le milieu, l’homophobie est présente. Il raconte ainsi : “Je ressens aussi beaucoup d’homophobie dans le cinéma. (…) Mais encore récemment, sur un tournage, il a fallu que je m’énerve après une remarque vraiment déplacée en expliquant : ‘Si on était aux États-Unis, je pourrais vous faire un procès.’” Il fait allusion à des “réflexions homophobes de la part d’autres acteurs ou de metteurs en scène” sur tous les tournages qu’il a pu fréquenter. “Ça a pu me rendre très triste et m’enlever une part de rêve“, avoue-t-il.

Interview à retrouver en intégralité dans Têtu, N°217 (Hiver 2018).