Ouvrir un bloc opératoire cardio-pédiatrique à Bamako, au Mali, le fondateur de la Chaîne de l’Espoir en rêvait depuis vingt ans. Le pays manque de structures hospitalières et les enfants qui souffrent d’une malformation cardiaque (8 sur 1 000) sont, au mieux, condamnés au handicap. Avec son complice malien le Dr Diarra, Alain Deloche est même allé frapper à la porte de l’ancien dictateur libyen Khadafi – sans succès. Jusqu’à un coup de fil providentiel, un vendredi après-midi, sur le coup de 16 heures…Au téléphone, une certaine Mme Festoc qui aimerait faire un geste pour l’association. Rien d’inhabituel, jusqu’à ce que l’interlocutrice énonce le montant de ce “geste” : 2 millions d’euros ! Veuve, Mme Festoc a fait le vœu de rendre hommage à son mari décédé il y a trois ans en faisant un don pour financer un projet à destination des enfants. En route vers l’aéroport de Bamako pour accueillir en personne cette “donatrice qui change le destin du Mali”, Alain Deloche n’en revient toujours pas. “Inimaginable ! Là, il y a un mystère qui nous dépasse…”Un bloc opératoire flambant neuf greffé sur un vieil hôpitalSur le tarmac, Mme Festoc, heureuse d’être enfin là, a le sourire : “J’attends depuis deux ans et demi !” La donatrice n’est pas venue les mains vides : dans ses valises, un colis remis en dernière minute à Paris. Les équipes (des médecins maliens et français, des bénévoles de la Chaîne de l’Espoir) du nouveau bloc opératoire qu’elle a financé, greffé sur le vieil hôpital Mère-Enfant Le Luxembourg, attendent son contenu avec impatience.Il s’agit d’une carte électronique pour réparer l’autoclave, indispensable pour stériliser les instruments de chirurgie. Sans stérilisation, pas d’opération… Les galères techniques (coupures d’électricité, absence d’eau chaude) se succèdent depuis le début, mais cette fois, par chance, ça marche !A suivre dans “L’héritière et les enfants de Bamako”, un reportage diffusé dans “Envoyé spécial” le 15 novembre 2018.