Le prix Nobel de médecine a été attribué lundi à trois chercheurs américains, Jeffrey C. Hall, Michael Rosbash et Michael W. Young, qui ont démonté les mécanismes complexes de l’horloge biologique.

Les chercheurs américains Jeffrey C. Hall, Michael Rosbash et Michael W. Young (au fond).

Ils sont récompensés pour “leurs découvertes des mécanismes moléculaires qui règlent le rythme circadien“, lequel s’étend sur 24 heures et permet aux êtres vivants de s’adapter aux différents moments de la journée et de la nuit, a annoncé l’Assemblée Nobel. Le rythme circadien permet notamment de régler les besoins en sommeil et nourriture et d’adapter la pression artérielle et la température corporelle.Les trois chercheurs “ont pu s’introduire dans notre horloge biologique et élucider son fonctionnement interne. Leurs découvertes expliquent comment les plantes, les animaux et les êtres humains adaptent leur rythme biologique pour qu’il se synchronise avec les révolutions de la Terre“, a précisé le jury. A partir de l’observation de mouches, les lauréats ont isolé un gène contrôlant le rythme biologique. Ils ont montré que ce gène encode une protéine qui s’accumule dans la cellule au cours de la nuit puis est désagrégée pendant le jour. Les horloges biologiques sont gouvernées par les mêmes principes chez les organismes multicellulaires, dont l’organisme humain.En 2016, le Nobel de médecine était allé au Japonais Yoshinori Ohsumi pour sa contribution à la compréhension du renouvellement des cellules.Cette année, chaque prix est doté de neuf millions de couronnes suédoises (environ 937.000 euros) que se partagent les lauréats.Nobel de médecine : les lauréats des dix dernières annéesVoici la liste des lauréats des dix dernières années du Nobel de Médecine, dont le prix 2017 a été attribué lundi par l’Assemblée Nobel de l’Institut Karolinska de Stockholm:

  • 2017: Jeffrey C. Hall, Michael Rosbash et Michael W. Young (Etats-Unis), qui ont démonté les mécanismes complexes de l’horloge biologique.
  • 2016: Yoshinori Ohsumi (Japon) pour ses travaux sur l’autophagie, processus par lequel nos cellules digèrent leurs propres déchets et qui, en cas de dysfonctionnement, déclenche la maladie de Parkinson ou le diabète. 
  • 2015: William Campbell (Irlande/États-Unis), Satoshi Omura (Japon) et Tu Youyou (Chine) pour leurs découvertes de traitements contre les infections parasitaires et le paludisme.
  • 2014: John O’Keefe (Grande-Bretagne/États-Unis) et May-Britt et Edvard Moser (Norvège), pour leurs recherches sur le “GPS interne” du cerveau, qui pourrait permettre des avancées dans la connaissance de la maladie d’Alzheimer.
  • 2013: James Rothman, Randy Schekman et Thomas Südhof (États-Unis), pour leurs découvertes sur les transports intracellulaires, qui font mieux connaître des maladies comme le diabète. 
  • 2012: Shinya Yamanaka (Japon) et John Gurdon (Grande-Bretagne), pour leurs travaux sur la réversibilité des cellules souches, qui permet de créer tous types de tissus du corps humain.
  • 2011: Bruce Beutler (États-Unis), Jules Hoffmann (France) et Ralph Steinman (Canada), pour leurs recherches sur le système immunitaire qui permet à l’organisme humain de se défendre contre les infections, favorisant la vaccination et la lutte contre des maladies comme le cancer. 
  • 2010: Robert Edwards (Grande-Bretagne), le père des bébés-éprouvette.
  • 2009: Elizabeth Blackburn (Australie/États-Unis), Carol Greider et Jack Szostak (États-Unis), pour leurs découvertes sur les mécanismes de la vie et leurs applications dans la lutte contre le vieillissement. 
  • 2008: Harald zur Hausen (Allemagne), Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier (France) pour leurs travaux sur le cancer et le sida.